Entre pierres romanes et légendes de bergers
Il y a des sentiers qu'on arpente, et d'autres qu'on écoute. Le Sentier de la Vallée appartient à cette seconde famille : chaque virage y tire le fil d'une histoire, chaque pierre y porte un nom.
La balade démarre au pied de l'église de Saint-Martin-de-la-Porte, là où depuis neuf siècles on sonne les cloches aux heures du village. On longe d'abord les jardins potagers suspendus, ces bandes de terre patiemment conquises sur la pente, que les anciens appellent encore « les terrasses ».
Au premier lacet apparaît la chapelle de Notre-Dame-du-Charmaix, but de notre première énigme. Bâtie au XIIe siècle sur les ruines d'un oratoire plus ancien encore, elle veillait autrefois sur les convois de sel qui remontaient vers l'Italie.
« Ce n'est pas tant la distance qui compte, c'est ce qu'on y voit. Et ici, il y a beaucoup à voir — à condition de lever le nez. »
Le pont de pierre et la légende de Colomban
Plus loin, le sentier franchit l'Arc par un pont à dos-d'âne, construit au début du XIXe siècle pour remplacer un pont de bois que les crues emportaient chaque décennie. C'est ici que se situe la fameuse légende de Colomban, le berger qui, dit-on, aurait traversé la rivière en crue porté par ses bêtes.
La source, le four, le belvédère
Le sentier remonte ensuite vers l'alpage par un bois de mélèzes centenaires. On y croise une source captivée au XVIIIe siècle (dont l'eau est toujours potable), un four banal encore en activité pour les fêtes de village, puis un belvédère qui ouvre sur l'ensemble de la vallée.
Comptez deux heures trente de marche effective, mais prévoyez large : entre les pauses énigmes, les arrêts goûter et les photos imposées, la plupart des familles y passent une demi-journée entière.
Bon à savoir avant de partir
Le parcours est praticable d'avril à novembre, avec un pic de beauté en juin (fleurs d'alpage) et en octobre (mélèzes dorés). Évitez les jours de forte pluie : le pont du berger devient glissant.